Contrôle parlementaire au Kasaï Central : réveil tardif ou prise de conscience ? (Réflexion de Jeff MBUYI)

Après une période de crise ayant perturbé le fonctionnement normal de l’organe délibérant du Kasaï Central en 2025, les élus provinciaux veulent désormais se démarquer en mettant au premier plan le contrôle parlementaire de l’exécutif provincial. Un exercice démocratique et légal reconnu par le règlement intérieur de l’Assemblée provinciale ainsi que par la Constitution de la RDC.

À ce jour, cet exercice est perçu par une certaine opinion comme une tentative de se laver des critiques de la population sur les véritables missions d’un législateur. D’autres, en revanche, qualifient le travail actuel des élus d’émancipation politique.

Est-ce pour plaire aux électeurs ?

Pas forcément.
En mai 2025, le député provincial Papy Noël Kanku, élu de la circonscription électorale de Demba, avait interpellé le Directeur général de la Direction provinciale des recettes du Kasaï Central (DGRKAC). Une question orale avec débat lui avait été adressée afin d’éclairer les élus sur la gestion de la dotation du projet ENCORE, des fonds de péage et d’autres dossiers.

À l’issue de cet exercice, plusieurs recommandations avaient été formulées, notamment à l’endroit du Gouverneur, dont le retour de 40 motos de marque DT qui auraient été distribuées entre proches. Une recommandation qui, jusqu’à ce jour, reste lettre morte.

Bien avant l’ouverture de la session de mars, un autre élu avait adressé une question écrite à la ministre provinciale de la Santé. Il s’agit de Joseph Nkashama Kayombo, élu de Kananga. Le député voulait obtenir des éclaircissements sur plusieurs questions liées notamment à la gestion du personnel soignant ainsi qu’aux infrastructures sanitaires.

N’ayant obtenu aucune réponse, Joseph Nkashama transforma sa question écrite en interpellation, laquelle fut suivie d’une motion de défiance ayant conduit à l’éviction de la ministre.

Une autre question orale avec débat a également été adressée au ministre provincial des Infrastructures et Travaux publics par le député Voltaire Tshibuabua, élu de Kazumba. Après examen de cette question lors de la plénière du 7 mai dernier. Dans le souci d’améliorer le travail, plusieurs recommandations ont été formulées par l’initiateur.

Outre cet aspect, deux commissions parlementaires ont été mises en place par l’organe délibérant. La première se penchera sur la gestion de la DGRKAC et de la société Arab Contractor, tandis que la seconde enquêtera sur les affaires minières à Luiza.

Est-ce un réveil tardif ?

Deux ans après son installation, l’organe délibérant du Kasaï Central semble traverser une phase décisive de son histoire. Constatant que les attentes de la population n’ont pas été pleinement rencontrées, les élus veulent, à travers ces mécanismes de contrôle, faire éclater la vérité.
Cela peut apparaître non pas comme un réveil tardif, mais plutôt comme une prise de conscience politique.

Les députés visent-ils le Gouverneur ?

À cette question, la réponse reste incertaine.
Les députés provinciaux sont libres d’exercer leurs missions de contrôle parlementaire, même si celles-ci venaient à concerner directement le Gouverneur de province.

Rédaction

Standard.net

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