Dix journalistes de la presse écrite, audiovisuelle et en ligne ont participé à une formation de trois jours à Kananga, visant à renforcer leur rôle dans la lutte contre l’exploitation,abus et le harcèlement sexuels. Organisée par l’Association santé familiale (ASF), sous l’égide du Programme multisectoriel de nutrition et santé (PMNS), cette initiative, tenue du 5 au 7 juillet au bureau de l’ASF, avait pour but, doter les professionnels des médias des outils nécessaires pour traiter ces sujets sensibles avec éthique et responsabilité.
Durant ces trois jours, les participants ont été formés sur les enjeux de la prévention des VBG/EAS/HS, les mécanismes de gestion des plaintes, l’éthique journalistique dans la couverture de cas délicats et le respect de la dignité des survivantes. L’objectif principal était de fournir aux journalistes des outils concrets pour aborder les violences basées sur le genre tout en respectant les principes de confidentialité, de non-stigmatisation et de protection des victimes.
Pour le Docteur Chalet, coordinateur provincial de l’ASF, le rôle des journalistes est «crucial pour briser le silence, sensibiliser l’opinion publique et encourager les survivantes à dénoncer les abus. Mais il faut le faire de manière responsable et éthique». De son côté, Madame Mireille Ntotila, chargée de communication nationale de l’ASF, a souligné l’importance de cette collaboration avec les médias, affirmant que «les médias ont un pouvoir d’influence considérable. En les impliquant dans cette dynamique, nous renforçons le dispositif global de protection».
Modules pratiques et engagements futurs
La formation a inclus des modules pratiques et interactifs couvrant les définitions et typologies des VBG/EAS/HS; les cadres juridiques pertinents; les techniques d’interview sécurisées et éthiques et le rôle des médias dans la prévention et la dénonciation des inconduites sexuelles.
Les journalistes ont également travaillé sur des études de cas concrètes et ont été encouragés à développer des plans médias sensibles à la question du genre.
À l’issue de la session, les participants se sont engagés à promouvoir une couverture médiatique respectueuse et constructive. Cette cérémonie a été sanctionnée par la remise de certificats aux participants. Un réseau de journalistes engagés pour la prévention des VBG/EAS/HS pourrait même être créé, avec le soutien de l’ASF et du PMNS, marquant une étape importante dans la lutte contre les violences sexuelles en RDC.
Cette initiative s’inscrit dans un effort plus large visant à renforcer les systèmes communautaires de protection et à améliorer l’accès à l’information sur les recours disponibles pour les victimes, soulignant l’importance d’une approche coordonnée pour éradiquer ces pratiques.
Aimérence Bakumbane, Félix Mulumba Kalemba et Monique Tshitende