Les chefs coutumiers du Kasaï Oriental ont signé ce lundi 24 octobre l’acte d’engagement en faveur des femmes mariées victimes des violences sexuelles. Des autorités politico-administratives et leaders communautaires ont pris part à la cérémonie présidée par la vice-gouverneure de la province a eu lieu, en présence de la représentante du haut commissariat des nations unies pour les réfugiés, UNHCR en RDC , Angèle Dikongue.
Dans le document lu par chef Mpoyi Kabasele, président de l’ANATC, les chefs coutumiers ont pris l’engagement de revoir le traitement des femmes victimes de viols. ”Fortement interpelés par les souffrances et les atrocités infligées à ces femmes victimes des violences sexuelles lors des conflits armés de triste mémoire ou des irruptions des bandits dans les ménages au Kasaï Oriental, soucieux de contribuer à la promotion des droits des femmes, prenons solennellement l’engagement de réduire l’impact négatif des violences sexuelles attribuées à certaines pratiques coutumières sur les survivantes des viols. Considéré que le viol commis sur les femmes mariées ne constitue pas l’adultère selon le code pénal livre 2 faute de concentement de la victime”, peut-on lire dans leur acte d’engagement.
Les chefs traditionnels appellent par ailleurs les maris des femmes violées dans ces circonstances à accepter la réconciliation, preuve de ”solidarité”.
La directrice pays de l’ONG Femme main dans la main pour le développement intégral (FMMDI), à l’initiative du plaidoyer ayant conduit à cet acte d’engagement, n’a pas caché sa satisfaction. ”Cette manifestation est le couronnement des efforts que nous avons consentis avec toutes les parties prenantes pour redorer le blason de la vie de la femme et la fille du Kasaï Oriental. L’engagement solennel des chefs coutumiers aujourd’hui prouve au monde entier qu’ils sont déterminés à lutter farouchement contre les violences sexuelles et celles basées sur les genres”, a déclaré Nathalie Kambala.
Pour sa part la vice gouverneur a promis l’accompagnement du gouvernement provincial dans la vulgarisation de cet acte d’engagement.
Rappelons que les femmes mariées survivantes des violences sexuelles dans la région du Kasaï ont longtemps été soumises à des amendes traditionnelles et rituels dégradant dans leur innocence.
Les ONG , FMMDI, AVSI et ADDSE, en collaboration avec le ministère de genre famille et enfants, avaient organisé ces assises avec l’appui du Haut Commissariat des Nations-Unies unies pour les réfugiés UNHCR.
Marie Jeanne Molly MUPELA à Mbuji-mayi.