Le Tribunal militaire de Garnison de Kananga a poursuivi, ce mardi 9 décembre, le procès très médiatisé de quatre prévenus accusés de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis durant le conflit Kamuina Nsapu (2016-2020) au Kasaï Central. Il s’agit notamment des prévenus Alexis Kabeya Lumbu, Mathieu Dibatayi Mukengeshayi, Adolphe Bakunda et Junior Bamunyi.

Dans ce procès, Alexis Kabeya Lumbu et Junior Bamunyi sont identifiés par l’accusation comme d’anciens chefs miliciens co-responsables d’attaques meurtrières contre les civils. Cependant les témoignages des accusés ont été dominés par la contestation de la légalité de leur interpellation.
Dans sa déposition, le prévenu Alexis Kabeya Lumbu a dénoncé une arrestation arbitraire.
“Les militaires m’ont tendu un piège. Il m’ont parlé d’un rendez-vous avec le gouverneur de l’époque, Alex Kande Mupompa. Curieusement je me suis retrouvé aux arrêts et j’ai été incarcéré sans mandat ni document officiel, et détenu neuf ans sans aucune base légale”, a-t-il déposé.

Abordant dans le même sens Junior Bamunyi a confirmé la version de son aîné, affirmant n’avoir été qu’un simple élève venu chercher des fournitures scolaires, avant de se retrouver en prison sans aucune explication claire.
Ces révélations ont créé des tensions dans la salle d’audiences.
La défense a saisi l’occasion pour dénoncer des irrégularités et une détention arbitraire prolongée.
De son côté, le ministère public, lui, a exprimé ses soupçons quant à une coordination de la défense tendant à miner la procédure, et insisté sur la gravité des faits reprochés et les preuves matérielles en sa possession.
Toutefois, les parties civiles ont exhorté le tribunal à privilégier le fond de l’affaire – l’ampleur des souffrances infligées aux victimes – plutôt que les vices de forme.
Notons que ce procès se déroule grâce à l’appui technique et financier du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) et Trial international, dans le cadre du projet de la justice transitionnelle pour la consolidation de la paix (PROJUST) piloté par le ministère du Plan.
Félix Mulumba