Dans les arrêts provinciaux rendus publics portant nomination des membres des gouvernements du Kasaï et du Kasaï Central, les gouverneurs de ces deux provinces ont mis ensemble les attributions d’autres ministères à celui de l’intérieur, décentralisation et affaires coutumières. C’est notamment les attributions reconnues aux ministères de la justice et droits humains qui font désormais corps avec les ministères de l’intérieur.
Pour le juriste Clément Héros KATABUA, il s’agit là des ministères clés qui ne peuvent pas bénéficier des investissements de plusieurs partenaires techniques et financiers oeuvrant dans le domaine de la justice et droits humains.
A l’en croire, dans la définition relative aux violations des droits humains, c’est lorsque les droits humains sont ignorés de manière délibérée, lorsqu’ils sont violés ou ne sont pas protégés. Et ce sont les agents de l’État investis du pouvoir de protection, promotion et prévention qui les commettent. Il s’agit notamment de la police, l’armée, services des renseignements, DGM, la justice etc.
Clément Héros KATABUA estime que dès lors que les personnes citées ci-dessus sont généralement connues sous l’autorité du ministère de l’intérieur et celui de la justice au niveau provincial, aucune garantie n’est rassurée quant à la lutte contre les violations des droits humains, la promotion et la protection de ces derniers.
“Bailleur des fonds sérieux hésitera de mettre l’argent pour aider l’État dans ce domaine étant donné que la fusion de ces ministères ne rassure pas la bonne foi du gouvernement de jouer son rôle en ce qui concerne les droits humains ” renchérit-il avant de noter que les défenseurs des droits de l’homme n’auront pas totalement confiance en ce ministère car ils sont sensés voir le ministre des droits humains pour que ce dernier présente la situation au conseil des ministres afin que les services cités au cœur des violations des droits humains puissent être blâmés.
Pour lui, dans le cas sous examen, les ministres seront obligés de protéger les violeurs des droits humains car ne voulant pas salir ou vendre une mauvaise image de ces derniers.
Clément Héros KATABUA, juriste et défenseur des droits humains fait quelques recommandations.
- Les assemblées provinciales du Kasaï et Kasaï Central peuvent appeler les gouverneurs à détacher les droits humains aux ministères de l’intérieur et les attribuer même aux ministères du genre au cas où la justice est toujours entre les mains du ministre de l’intérieur.
- Les bailleurs des fonds et les ONGs des droits humains devraient exiger la même chose avant tout investissement pour se rassurer de l’atteinte des objectifs assignés à la lutte contre les violations des droits humains.
- A leurs excellences messieurs les gouverneurs des provinces du Kasaï et Kasaï Central de faire montre de bonne foi dans la lutte contre les violations des droits humains en les détachant du ministère de l’intérieur.
Jeff Mbuy.