L’ONG Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral (SOFEPADI) a officiellement lancé, ce vendredi 03 avril à Kananga, dans la Province du Kasaï Central, le projet DIKUBA, une initiative visant à renforcer la protection et la prise en charge des survivants des violences basées sur le genre (VBG) et des cas d’exploitation et abus sexuels (EAS).
Financé par l’Union européenne pour une durée de 18 mois, ce projet couvre les provinces du Kasaï et du Kasaï Central, en particulier les zones situées le long de la Route nationale numéro 1, sur le tronçon Kananga–Kamuesha.
Le projet DIKUBA intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des violences. Une étude préalable a révélé que 20 % des cas de violences sexuelles ont été enregistrés dans cette zone, tandis que 39 % des filles de moins de 18 ans y sont victimes de mariages précoces.
Face à cette réalité, le projet entend apporter une réponse structurée et durable.
Le projet DIKUBA repose sur plusieurs axes d’intervention, notamment la prévention communautaire,
la protection et le référencement judiciaire,
la prise en charge holistique des survivants,
ainsi que l’autonomisation économique des victimes.

Selon Siméon Kasereka, chef du projet, l’implication de toutes les parties prenantes sera déterminante pour atteindre les résultats attendus.
” Le projet DIKUBA qui signifie protection , c’est un projet qui intervient dans le cadre de VBG. Un projet qui vient appuyer les intervention de la construction de la route nationale numéro 1, exécuté par l’entreprise Araba Contractors. La finalité est de prévention communautaire, de protection, de prise en charge médicale, réinsertion socioéconomique et de l’accompagnement juridiques des survivantes des VBG, de EAS et du harcèlement sexuel.” À t-il expliqué
Et d’ajouter ” vous savez que quand on a un bon de mains d’oeuvres avec l’argent dans une zone, certainement il doit y avoir les cas des VBG, d’EAS et du harcèlement sexuel. Voilà pourquoi Union européenne a jugé bon de financer notre Structure pour amorcer la lutte contre ces formes des violences.” Conclu t-il

Présent lors du lancement, le commissaire provincial adjoint chargé de la protection de l’enfant et de la lutte contre les violences sexuelles, le major Badibanga Bilenga, a salué une initiative qui arrive « à point nommé » dans la région.
De son côté, Nathalie Kambala Luse, directrice générale de l’ONG Femme main dans la main pour le développement intégral, estime que le projet vient combler le vide laissé par le retrait de plusieurs partenaires qui soutenaient auparavant la lutte contre les VBG et les EAS dans la province.
Au total, cinq zones de santé sont ciblées par le projet :
Katoka,Mikalayi,Ndekesha (Kasaï Central), ainsi que Kamuesha (Kasaï).
Le coût global du projet est estimé à 500 000 euros.
Avec le projet DIKUBA, la SOFEPADI et ses partenaires entendent renforcer les mécanismes de protection des communautés et contribuer à la réduction durable des violences basées sur le genre dans l’espace Kasaï.
Jeff Mbuyi.